Peut-on réussir sa vie seul ?
« Peut-on réussir seul ? » est le thème de ce mois-ci proposé par Mickaël du blog « mon couple heureux » pour le carnaval d’articles de la Communauté “Développement Personnel.org”. J’ai décidé d’y participer parce que le sujet me parle bien… La première réaction que j’ai eue en le lisant : peut-on réussir sa vie seul ?
Et il y a deux points que je souhaiterais développer à ce sujet. D’abord, il n’y a que nous-mêmes qui pouvons décider et agir pour réussir notre vie, et en c’est bien en ce sens que nous sommes seuls. Ensuite, une vie réussie n’est pas une vie d’ermite ! Donc, pour moi, nous ne pouvons pas réussir notre vie sans les autres…CQFD ?
Chacun a entre ses mains la responsabilité de sa vie
C’est une évidence, pourtant ça n’est resté qu’au stade intellectuel pendant des années pour moi. Peut-être ne suis-je pas la seule ? Nous remettons souvent notre destin entre les mains d’autres personnes : employeur, parents, Dieu, la chance…
La dépression, une chance !

Quand la vie perd son sens (© Jessia Hime)
J’ai rencontré la dépression, un bon matin de janvier 2011… Je plaisante, elle me poursuivait déjà depuis une bonne vingtaine d’années, sans vraiment réussir à me mettre le grappin dessus ! Aujourd’hui je suis capable de lui dire merci et voici pourquoi.
Je sais maintenant que j’ai, moi seule, la responsabilité de ma vie, et en corollaire, de mon bonheur. Inutile de chercher mon bonheur dans la reconnaissance des autres, un travail gratifiant, une famille joyeuse et dévouée. Cela ne sera jamais suffisant si moi, au fond, je ne suis pas bien avec moi-même.
Notre programmation mentale

L’éducation nous programme (© Pays de Montfort)
Le problème dans notre éducation, et dans un sens plus large, dans notre société, c’est qu’on ne nous apprend pas le bonheur. On nous éduque à obéir aux lois de la bonne conduite sociétale, à être de bons petits serviteurs de notre système économique, à travailler pour gagner de l’argent qu’il faudra promptement dépenser pour atteindre ces petits plaisirs furtifs que nous apportent une nouvelle voiture ou une tenue dernier cri !
Mais qu’en est-il de nous ? Deux possibilités, nous nous coulons dans le moule et oublions que nous sommes autre chose que ce qu’on nous demande. Ou bien nous regimbons, conscients de notre malaise intérieur, mais souvent sans avoir de vrai cap pour nous diriger.
J’oscillais entre les deux, en fonction de mes degrés de fatigue et de stress… Pourtant j’avais tout pour être heureuse comme on dit bien souvent des dépressifs ! Une famille unie, un mari impliqué dans le foyer, 4 enfants en pleine santé, un boulot payé plus de 5000 euros par mois, un climat tropical et l’océan à 30°C et 5 min en voiture ! Waouhh, le pied !?
Quelle est notre place sur terre ?

Que sommes nous venus faire sur Terre ? (© Evymoon)
Ben non, parce que je ne me sentais à ma place nulle part, que je me forçais à essayer de la prendre, tant bien que mal puisque c’était ce qu’on attendait de moi. Et qu’en même temps, je luttais contre un état d’esprit hyper négatif et critique, envers les autres et surtout moi-même. Je n’étais jamais à la hauteur de mes attentes perfectionnistes.
Et le verdict était sans appel : ce n’est pas que je ne m’aimais pas, non, je me détestais carrément !
Sentiment de ne pas être à la hauteur au travail, incapable de supporter mes enfants trop vivants à la maison, impression d’être nulle vis-à-vis de mon mari qui semblait toujours pourvoir à tout à ma place… Même le sport ne me tentait plus et était devenu aussi une corvée !
Prendre soin de soi spirituellement ?

Une "remise à zéro" vitale du cerveau (©Thomas Claveirole)
Avec l’envie de tout larguer, mais consciente que ça ne résoudrait rien, j’ai fini par prendre le taureau par les cornes et rendre visite à un psychiatre : burn-out général ! Me voici donc en psychothérapie, et surtout en décomposition émotionnelle avancée ! Heureusement, la vie douce d’un congé maladie m’a remis le pied à l’étrier, aidée du psychologue et de diverses techniques énergétiques : un bon nettoyage s’imposait !
J’ai donc pris ma vie en main. Les autres ne pouvaient pas le faire à ma place, d’ailleurs c’est ce que j’avais vainement essayé de leur faire faire pendant toutes ces années !
Mon état d’esprit ne dépend que de moi, de ce que je veux lui donner comme nourriture : dorénavant, ce sera du positif.
Se sentir vivant et goûter la vie

Une expérience gratifiante intrinsèque parmi d’autres (©Aude Bara)
Remettre le bon côté de mon cerveau en branle, pas celui qui avait ingurgité des tonnes de cours, non, l’autre, celui qui était capable de créer, il y a bien longtemps quand j’étais enfant ! D’ailleurs je me suis remémoré ce que j’aimais enfant, pour avoir quelques bouts de fils sur lesquels tirer puis dérouler la pelote de la vie.
Stages de tissage, de sculpture et de massage, pratique du tennis et de l’équitation,… tout fût bon pour me reconnecter à mes sens. Ce sont ce que M. Csikszentmihalyi appelle des “expériences gratifiantes intrinsèques” : des moments de pur plaisir où le temps s’écoule sans qu’on s’en rende compte, concentrés sur notre activité.
Je me sens bien avec moi-même maintenant, je suis confiante en moi et dans la vie, à tel point que j’ai abandonné mon travail pour me consacrer à ceux/ce que j’aime : ma famille, mes blogs, mes passions du cheval, du tissage… de la vie !
La vie ne peut être réussie sans interaction avec les autres
J’en viens au deuxième point : j’ai pris seule la responsabilité de réussir ma vie. Pour autant, je n’ai pas le désir de la poursuivre au fond d’une grotte.
La solitude est-elle une solution ?
L’idée m’a traversé l’esprit, je ne vous le cache pas. et j’ai testé une retraite au monastère Bouddhiste de Thich Nhat Hanh en Dordogne : trois semaines entières consacrées à la pleine conscience et à la méditation dans la communauté du village des Pruniers !
J’aurais pu en ressortir avec l’envie de me consacrer ma vie à une pratique spirituelle. Mais ce que j’en ai compris est tout autre ! Quelle que soit ma vie, elle ne se fera jamais seule. La communauté que j’ai rencontré est une formidable famille, où vivre est un plaisir quotidien. Le partage est notre raison d’être ?
La famille comme “outil” d’évolution

Vos proches sont vos miroirs (© Belambra Clubs)
La vie quotidienne est une source d’apprentissages pour qui veut bien tirer les leçons des situations auxquelles il est confronté. Comme le dit Lao-Tseu dans le “Tao Te King” : que serait le beau sans le laid, le pauvre sans le riche… Tout est interdépendance, le paradoxe dans l’union !
La famille, parce que nous vivons au jour le jour avec elle, est un excellent outil d’évolution. Chaque membre est un miroir pour nous-mêmes. N’ayons pas peur d’y jeter un oeil et de faire face à notre réalité ! Chaque croyance, chaque morceau de programme mis en lumière par ce biais, est un pas de plus vers la libération et le bonheur.
La richesse des relations humaines

Les interactions humaines sont riches (©Ork_Dot_ch)
Je prends seule la décision de vivre ma vie, oui ! Mais je vis en interaction avec les autres, quels qu’ils soient ! Collègues de travail, voisin, commerçant, ami, enfant, mari… Tout cet univers de relations humaines qui gravite autour de chacun de nous est une source inépuisable de développement !
Je m’entoure des personnes compétentes dans le domaine où je veux avancer. Ainsi, j’irai plus vite, apprenant de leurs erreurs ou de leurs succès. Je partage mon chemin de vie avec les autres, en une saine émulation. Les défis mutuels dynamisent ! Je fais bénéficier les gens de mes apprentissages, pour à mon tour leur éviter de tomber dans les mêmes pièges que moi…
Chacun, selon son propre mode, saura bénéficier et faire bénéficier en retour : donner pour recevoir, et vice-versa.
Réussir parce que moi seul le veux, mais pas sans les autres
C’est peu l’histoire du serpent qui se mord la queue… mais je ne vois pas d’autre issue à la question initiale : peut-on réussir seul ?
Je vous ai peut-être emmenés du côté obscur de la force, mais je crois sincèrement que rien n’est possible sans notre farouche volonté. C’est l’ingrédient de base de la recette, la pâte de la pizza, sans laquelle on ne pourrait pas faire de pizza !
Ensuite, sans les autres, ça n’a pas d’intérêt, et en plus c’est beaucoup plus difficile. Quelle que soit votre destination finale, il vous faudra rassembler les éléments de la garniture : de la sauce tomate, des oignons et des olives si vous les aimez, peut-être du jambon, à chacun selon ses goûts… Car votre pizza serait bien fade si elle n’était qu’un pâte étalée et mise à cuire au four !
Bon appétit, et réussissez bien dans votre vie !
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Merci beaucoup Aude pour ce très touchant témoignage.
[...] lire son histoire, cliquez ici : “Peut-on réussir sa vie seul ? [...]
Bonsoir Aude,
Merci pour ce très bel article. On sent le travail intérieur derrière. Je suis touchée aussi par ton désir ardent d’avoir un cheval dans ton pré et il me semble que, lorsque tu l’auras rencontré, tu vas t’apercevoir qu’il est aussi important qu’un membre de ta famille, voire même, que tu fais partie de la sienne!
Merci, je suis touchée par vos commentaires…
Bonjour Aude, je me suis reconnue dans ton article, j’avais tout pour être heureuse mais ça ne collait pas ! Ce n’est jamais confortable de vivre ça mais c’est le départ pour un changement radical en soi !
zenie
Tout à fait d’accord, j’ai à poursuivre ce travail intérieur car comme je l’écris dans un article sur la patience , les débuts de 2012 sont houleux pour moi !
Vive le changement !